27 août 2015

« The Dark Horse » de James Napier Robertson

 

S’inspirant du documentaire de James Marbrook autour de la figure de Genesis Potini, James Napier Robertson offre un long-métrage riche en bons sentiments sur la jeunesse en difficulté de Nouvelle Zélande.

 

Après Whale Rider (2002), qui contait le parcours extraordinaire d’une petite fille, descendante d’une lignée de chefs Maori, qui devait faire ses preuves au sein de sa communauté particulièrement conservatrice et machiste, la Nouvelle Zélande nous offre un nouveau film désireux d’explorer les difficultés auxquelles sa jeunesse défavorisée doit se confronter pour parvenir à se faire une place, dans la société comme auprès des siens.

Genesis Potini était un Maori connu pour ses talents exceptionnels au jeu d’échecs. Avec deux amis, il fonda le club « The Eastern Knights », à travers lequel il vint en aide aux enfants défavorisés, en leur apprenant la confiance en soi, le courage et la détermination, et en les amenant à prendre part à des tournois d’échec durant lesquels ils se confrontaient à la jeunesse dorée des beaux quartiers d’Aukland.

Si le parcours de l’homme est admirable, d’autant plus que Genesis Potini souffrait de bipolarité et devait être régulièrement interné, le pitch du film laisse d’emblée apparaître l’obstacle majeur à éviter: trop de bons sentiments pour une intrigue quelque peu sirupeuse.

Le film de James Napier Robertson a des qualités: il réunit un cast courageux, mené par un Cliff Curtis (qui se vit ouvrir les portes d’Hollywood après son interprétation de Porouangi dans Whale Rider ) juste, émouvant, et que l’on sent empreint d’une véritable volonté de rendre hommage à la belle personne que fut Potini.

Malheureusement, les directives de Napier Robertson viennent parfois souligner les intentions, et alourdir le tout. On s’attarde en gros plan sur les expressions des différents personnages, sur leurs chocs, leurs angoisses, leurs blessures: le film dure deux heures, quand il aurait pu aisément tenir en une heure et demie.

Napier Robertson semble être tombé amoureux de ses acteurs et de ses plans, et son sens du rythme s’en ressent. Un montage plus dynamique et efficace aurait pu faire du film précisément ce que l’on pense que Robertson souhaitait: un film à l’intrigue relativement prévisible mais néanmoins prenante, rendant hommage à un homme admirable et touchant, et permettant de révéler le dysfonctionnement de la société néo-zélandaise. Malheureusement, le tout est trop long, et souvent attendu.

Il faut toutefois reconnaître le talent des acteurs qui restent justes et très sincères, et l’intérêt qui réside dans ce que le film explore de la vie d’une jeunesse maori, composée des clichés malheureusement véridiques que l’on connaît: alcool, machisme, conflits primaires, et rêves avortés d’un avenir meilleur.

Le film a remporté le Prix du Public aux festivals de Seattle, San Francisco, Rotterdam et Palm Springs, prouvant ainsi que le parcours de Potini était assez remarquable et émouvant pour faire oublier les maladresses de narration et de rythme du film.

Qualifié par certains de « meilleur film venu de Nouvelle-Zélande depuis longtemps », The Dark Horse reste toutefois à nos yeux, une pâle version du combat similaire dont traitait Whale Rider.

 

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