« A Man called Ove » de Hannes Holm

Le réalisateur suédois Hannes Holm adapte le bestseller de Frederick Backman, l’histoire d’un suédois râleur au cœur tendre, pour un gentil «feel-good movie»

C’est l’histoire d’un mec qui habite un petit village de Suède, un quartier pavillonnaire qui pourrait rappeler la banlieue des «Desperate Housewives», s’il n’y avait ce ciel gris, ces quelques flocons de neige, ces oiseaux du Vieux Continent sifflant la venue d’un timide printemps, du bois à la place du béton, et un retraité bougonnant, faute de pin-up.

Ove est notre personnage principal, un homme qui habite seul depuis le décès de sa femme six mois auparavant, une belle brune aux yeux azur, au sourire californien, à la grâce et à la bonté sans égales. Un ange.

Depuis sa disparition, Ove a laissé ses tics et manies prendre le dessus de son existence désormais vide. Inlassablement, il arpente les ruelles de son quartier à la recherche de la faute, du délit: il ramasse l’unique mégot abandonné sur le pavé, vérifie le tri dans les poubelles, déterre les jouets oubliés dans le sable du terrain de jeux, effraie les chats, redresse les poteaux à coup de pieds, fait disparaître les vélos improprement garés.

Ove, emmerdeur public qui contredit tout et tout le monde et qui chasse en hurlant les voitures ayant osé s’aventurer dans les allées piétonnes, cache cependant un cœur tendre derrière ces manies tyranniques, ainsi qu’un véritable chagrin dans lequel l’a plongé la disparition de sa femme, au point que son but est désormais de la rejoindre dans la tombe.

Mais comment mettre fin à ses jours lorsqu’on est constamment dérangé par les nouveaux voisins qui viennent d’emménager, un couple suédo-iranien et leurs deux adorables filles, que les humeurs changeantes de notre râleur d’Ove n’impressionnent guère, bien au contraire?

Dans un scénario très classique, Hannes Holm dresse le portrait d’un homme et d’une personnalité, en nous donnant à voir et à comprendre la manière dont s’est forgé son caractère. Il construit son film en nourrissant le présent de flash-backs qui reviennent sur les moments forts de la vie d’Ove, ceux qui ont participé à déterminer la personne qu’il est aujourd’hui.

Si ce qui nous est narré de son passé est très convenu, sans surprise et sans réelle saveur, si le personnage qu’était Ove jeune est relativement insipide (un jeune homme timide, sans conversation, que sa femme angélique et parfaite considère cependant et d’emblée comme l’homme de sa vie), Holm parvient tout de même à nous rendre son Ove du présent attachant, avec ses manières rudes, son attitude rentre-dedans, et l’humour que l’on finit par percevoir en lui.

Son ton, ses manières rêches et revêches nous amusent et participent à faire d’Ove un personnage humain.

Il y a parfois des facilités dans ce qui nous est donné à voir de la psychologie du personnage, mais l’acteur Rolf Lassgård compose un Ove juste et émouvant, et le duo qu’il forme avec Parvaneh (jolie découverte de l’actrice Bahar Pars), sa voisine iranienne qui en a vu d’autres et n’est pas prête à se laisser intimider, offre quelques jolies scènes de comédie.

Un «feel-good movie» dans ce que l’on connaît de plus classique, une réalisation sans heurts et sans surprises, un scénario qui manque de force et d’originalité, une bande originale très (trop) présente et parfois sirupeuse, mais des acteurs qui parviennent à nous toucher, pour un film qui pourra se regarder en famille.

 

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Amalka
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